Ganymède


Comme dans l’aurore
Ton feu me caresse,
Printemps, bien-aimé !
Par mille félicités d’amour
Se presse contre mon cœur
De ta flamme éternelle
La sensation sainte,
Beauté infinie !

Comme je désire te saisir dans ces bras,
Dans mes bras !

Ah ! contre ton sein
Etendu, je meurs,
Et tes fleurs, ton herbe
Se pressent contre mon cœur.
Tu rafraîchis la soif
Brûlante de mon sein,
Douce brise du matin,
Le rossignol appelle
Dans la vallée de brume le chant d’amour m’appelle.

Ah ! je viens ! Ah ! je viens, mais
Où,
Où aller ?

Là-haut, plus haut encore,
Les nuages
S’abaissent, les nuages
S’inclinent vers le désir d’amour,
Vers moi, jusqu’à moi !

Dans votre sein toujours plus haut
Emportez-moi !
Embrassant embrassé !
Plus haut, plus haut,
Contre ton sein
Père tout-aimant !

Ganymed


Wie im Morgenglanze
Du rings mich anglühst,
Frühling, Geliebter!
Mit tausendfacher Liebeswonne
Sich an mein Herz drängt
Deiner ewigen Wärme
Heilig Gefühl,
Unendliche Schöne!

Daß ich dich fassen möcht'
In diesen Arm!

Ach, an deinem Busen
Lieg' ich, schmachte,
Und deine Blumen, dein Gras
Drängen sich an mein Herz.
Du kühlst den brennenden
Durst meines Busens,
Lieblicher Morgenwind!
Ruft drein die Nachtigall
Liebend nach mir aus dem Nebeltal.
Ich komm', ich komme!
Wohin? Ach, wohin?

Hinauf! Hinauf strebt's.
Es schweben die Wolken
Abwärts, die Wolken
Neigen sich der sehnenden Liebe.
Mir! Mir!
In eurem Schosse
Aufwärts!
Umfangend umfangen!
Aufwärts an deinen Busen,
Alliebender Vater!


Johann Wolfgang Goethe (1898-1956)



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